parcours dans l’afrique urbaine
bamako / ouagadougou / porto-novo /
cotonou / yaoundé / 1994-2008
un site internet spécifique est en cours
d’édition
Ce sont des villes du quotidien. Ni villages
désolés, ni mégapoles menaçantes. Elles
n’exercent aucune fascination sur les médias
généralistes ou spécialisés.
Chacune, avec ses particularités -
récente ou historique, côtière ou enclavée,
plane ou vallonnée - révèle des paysages en
transformation accélérée, témoins
d’une énergie permanente et d’une obsession de
bâtir, comme si le temps devait être rattrapé.
Des constructions diverses s’accumulent en
une sorte de libéralisme spatial, que les aménageurs
tentent aujourd’hui de contenir par la réglementation et
la réalisation d’ouvrages d’infrastructures.
A différentes échelles de perception
de leurs paysages se développe ce que l’on pourrait
appeler un “éclectisme vernaculaire”, tant au niveau
des objets statiques que sont la signalétique, le mobilier de
rue, l’architecture ou les monuments, qu’à celui des
phénomènes liés au mouvement comme la circulation.
Cette modernité urbaine s’invente dans
une mise en tension d’imaginaires, de formes et de technologies
issues de contextes divers ; proches ou éloignés dans
l’espace et dans le temps. On a le sentiment de se trouver
à la fois ici et ailleurs, hier et demain, mais pas seulement :
ces pratiques et productions de l’espace excèdent le
collage ou la juxtaposition.
La réunion de ces villes d’Afrique de
l’ouest et centrale répond ici à des circonstances
particulières plutôt qu’à une logique
géographique.
Depuis le début des années quatre
vingt-dix, j’ai eu l’occasion de séjourner
régulièrement dans la plupart et d’en garder des
traces sous forme de photographies, dessins et notes.